Ne me tenez pas rigueur du texte qui suit, qui mériterait sans doute quelques nuances, mais devant tous les défis auxquels les éditeurs (et notamment, mais pas particulièrement les éditeurs du CNS) sont aujourd’hui confrontés et qui, loin d’être théoriques, font en sorte que le quotidien de plusieurs d’entre-nous est de plus en plus périlleux, j’ai envie de pousser un petit cri du coeur. Parce que…
Au moment où se débutent les 12e Rencontres de l’ORME;
Au moment où on rapporte que le marché européen des TIC est en progression;
Alors que le déploiement des ENT semble prendre du retard; et qu’en conséquence, une foule de projets alternatifs de mises en réseaux voient le jour autour de l’éduc;
Alors que pratiquement tous les éditeurs de ressources éducatives numériques constatent une chute très importante de leur chiffre d’affaire pour la fin de l’année 2006 et le début de l’année 2007; et que les usages des TICE tardent à se déployer;
Alors que personne n’est dupe des invraisemblables annonces à l’effet que « le marché de l’édition scolaire multimédia “s’est stabilisé autour de 10 millions d’euros avec le CNS et le KNE […] devrait connaître une légère reprise pour parvenir à environ 13 millions d’euros […] pour atteindre environ 20 millions » et que « dans le secondaire, “30% à 40% des enseignants utilisent le numérique en classe et les usages sont systématiques dans tous les lycées professionnels »;
Je m’inquiète de voir enfler le discours bien pensant qui alimente habilement l’illusion selon laquelle il serait possible de libérer l’école des éditeurs et que, bientôt, toutes les ressources éducatives pourront être gratuites — comme s’il ne coûtait rien de les développer, comme si le travail des auteurs et des créateurs n’avait pas à être rémunéré et comme si, le plus souvent, les charges financières associées n’étaient pas directement reportées sur l’institution;
Et même si je me réjouis en constatant que le Ministère de l’Éducation a heureusement fait une place aux ressources éducatives développées par des éditeurs dans son opération Une clé pour démarrer, je suis perplexe quant à la suite… et sur la façon d’aborder aujourd’hui le développement des ressources éducatives.
Décidément, je pense qu’il est temps d’élargir la réflexion, de faire ensemble un état des lieux sans complaisance, et de nous mettre en ordre de bataille pour voir à ce que soient rapidement réunies les conditions nécessaires au développement de nos entreprises dont l’expertise est — rappelons-le sans gène — absolument nécessaire au bon fonctionnement de l’école.
Misérabiliste? Certainement pas! Confiant dans l’avenir? Certainement! Sauf que le contexte actuel me semble terriblement malsain — pour tout le monde! Et pour l’école, au sens le plus large.
Voilà ce que j’avais envie d’exprimer, sans trop peser mes mots, ce matin. N’hésitez pas à réagir…